Témoigne de Magali, maman de Perceval, élève de CM1

Le 19 mai 2009

Ces quelques lignes vont évoquer une histoire qui commence pas trop bien, mais fini vraiment bien, mais ce n’est pas un conte de fées, simplement un petit extrait de l’histoire de notre fils de 9 ans, on pourrait l’intituler :
« Perceval en CM1 à l’école Jeanneau »

Perceval a intégré l’école Jeanneau en Septembre 2008 après deux années d’école primaire qui ont rimées avec souffrance croissante. La maternelle s’était déroulée sans trop de heurts (Perceval était plutôt solitaire, mais sans plus …) En CP ont commencé les ennuis (ce qui nous a amenés à identifier sa précocité intellectuelle) puis les choses se sont aggravées en CE1. Aller à l’école était devenu une épreuve qu’il surmontait courageusement chaque jour, et puis le suivant, en prenant sur lui (pourtant la maîtresse ne nous décrivait pas l’enfant malheureux qu’il devenait). Nous avons entamé le chemin de nombreux parents d’enfants intellectuellement précoces (merci à l’AFEP, à la psychologue qu’il a rencontrée, au médecin de famille … ), le constat était qu’il n’avait pas de problème lui, mais qu’il y avait un problème d’inadéquation avec l’école. Aucune adaptation n’apparaissait possible, et nous voyions notre « bon petit soldat » qui s’éteignait petit à petit, et notre inquiétude qui augmentait, elle !

Par les circonstances amusantes de l’existence, j’ai rencontré Anne-Séverine Jeanneau, et elle m’a présenté son projet d’école. Voilà enfin quelqu’un qui allait mettre en pratique les principes auxquels je crois profondément, et que je pensais (naïve que je suis !) être universellement partagés par les enseignants : une école qui reconnaît chaque enfant comme talentueux (je ne parle pas de la précocité intellectuelle, j’ai bien écrit chaque enfant, et quel que soit son talent), et dont le potentiel vaut des merveilles, et comme son nom l’indique doit être développé, sans développement du potentiel il y a sclérose et souffrance. Et pourtant, prendre la décision d’inscrire notre enfant dans une école extra-ordinaire (au sens littéral du terme) comportait une certaine part de risque : et s’il ne s’intégrait pas, s’il échouait dans cette école qui était peut-être celle de la dernière chance …, mais quel autre choix ? les risques qu’il soit encore un peu plus cabossé par le système scolaire étaient bien trop réels. Notre prise de décision de « sauter le pas » a été mûrie, et nous avons choisi la confiance : d’avoir confiance en Perceval, et de faire confiance à Anne-Séverine Jeanneau.

Lorsque l’école a ouvert ses portes à la rentrée, Perceval est arrivé sans être par avance stressé plus que de raison, simplement un peu tendu car il « sautait le CE2 » et curieux de découvrir une autre école (il avait rencontré la maîtresse et quelques futurs camarades lors d’une fête pour l’inauguration de l’école, la part d’inconnu était donc un peu réduite) et plus important : avec l’espoir de trouver (peut-être enfin) un copain. Très vite, les départs pour l’école sont redevenus tels que pour tous les enfants (allez, dépêche de finir ta tartine ! …, t’as pris tes lunettes ? …, Ben tiens, le cartable, il reste à la maison aujourd’hui ?…) oubliées les grandes séances à le réconforter pour qu’il trouve le courage « d’y aller ».
Aujourd’hui, l’année scolaire se terminant, nous savons avec certitude que ce choix a été bon (excellent, idéal …) pour Perceval, mais aussi pour toute notre famille (malgré les contraintes auxquelles il nous expose).

La pédagogie mise en œuvre, la constante bienveillance des adultes intervenant à l’école Jeanneau permettent aux enfants de reprendre confiance en eux, de retrouver le goût de s’interroger, d’investiguer, de savoir, de réussir à faire bien…. En somme de re-déployer leurs ailes … Par la confiance instaurée est née la joie, puis l’esprit de groupe, et finalement les amitiés se sont mises en place. Perceval achèvera son parcours au primaire au sein de l’école Jeanneau, pour asseoir définitivement (je l’espère) sa soif d’apprendre, sa confiance en lui et en l’école, et bénéficier d’une année encore avec ses copains, avant la nouvelle aventure que sera le collège.

Nous retrouvons « le Perceval de toujours » un enfant vif, curieux, blagueur, un garçon de 9 ans qui peut de nouveau vivre son enfance (grimper aux arbres, se chamailler avec sa sœur, par exemple !), et assouvir son immense soif de comprendre, d’être, et de vivre avec les autres, sans crainte et pouvant aller de l’avant (droit devant, tiens, tiens … exit la scoliose aussi …).

Maintenant, nous osons partager notre expérience, notamment avec des enseignants (de nos amis par exemple) qui confrontés à des élèves avec lesquels « y’a quelque chose qui ne colle pas », sont désorientés, avec des parents d’enfants en souffrance, chaque enfant est spécifique, mais bien des parcours ont des parties communes ! Si nous pouvons apporter une petite pierre pour qu’à l’image de Perceval d’autres enfants aillent mieux, alors faisons-le.

Pour conclure j’adresse un merci empreint d’une infinie reconnaissance à ceux qui ont permis à Perceval d’avancer sur les chemin de l’enfance et des connaissances en confiance, et avec détermination, en premier lieu merci Madame Jeanneau.

Magali